Ce soir, 28 de julio de 1937
Notre reporter photographe Mlle TARO A ETE TUEE PRES DE BRUNETE où elle avait assiste à la bataille
Un tank républicain tamponna la voiture sur le marchepied de laquelle elle était montée pour quitter le village tombé aux mains des insurgés
NOTRE MALHEUREUSE AMIE, GRIEVEMENT BLESSEE, DEVAIT SUCCOMBER A L'AUBE A L'HOPITAL DE L'ESCORIAL
La bataille fait rage entre Brunete et Villanueva de la Cañada
Les rebelles ont avancé de 3 km. et paraissent immobilisés
Gerda Taro a été tuée devant Brunete. La terrible nouvelle nous a frappés hier soir, nous, ses amis, ses camarades. Les dépêches d'agence avaient encore un caractère de doute. Mais un coup de téléphone de Madrid de notre collaborateur Ribécourt nous apportait la certitude. Nous ne la reverrions plus.
Avant-hier, 25 juillet, tandis que les troupes de Franco s'emparaient de Brunete, Gerda Taro qui avait quitté ce village très peu de temps auparavant voulut y rentrer. Le général commandant le secteur l'avisa que le front en ce point était rompu et tâcha de l'en dissuader.
Mais Gerda Taro, n'écoutant que son courage et cette étrange passion de reporter qui avait créé autour d'elle une sorte de légende sur le front de Madrid, retourna dans Brunete. Une centaine de soldats républicains battaient en retraite. Elle les rassembla, leur parla et ils revinrent avec elle occuper une tranchée ou, pendant une heure, ils résistèrent sous un bombardement intensif.
C'est au bout de ce temps, quand il fallut quitter cette héroïque position, que Gerda Taro avisa la voiture où se trouvait M. Ted Allan, envoyé spécial de la Federated Press et du journal Clarion de Toronto (Canada). Elle s'était juchée sur le marchepied lorsqu'un tank républicain qui se dirigeait vers les lignes à vive allure, déboucha à l'improviste et tamponna la voiture.
Gerda Taro a été transportée immédiatement à l'hôpital de l'Escorial; là on lui fit une transfusion du sang. En vain. Elle devait mourir hier à l'aube.
NOTRE COLLABORATRICE
Gerda Taro était notre collaboratrice de la première heure. Cette toute jeune fille avait l'air d'une enfant, par le charme, le sourire comme par la taille. Menue comme une poupée, si simple et si joyeuse, elle était la jeunesse et la gaité de notre journal. On l'aimait, et on respectait en elle à la fois le talent et la bravoure.
Car elle poussait à la témérité l'amour de son métier, et depuis les débuts de la guerre d'Espagne elle avait fait plusieurs reportages sur le front, toujours présente aux endroits les plus périlleux, courant toujours là où se déclenchait une attaque.
Avec nos collaborateurs Capa, Chim et Ribécourt, elle avait été en Andalousie, sur le front de Madrid, à Bilbao. En dernier lieu, elle venait de faire un long séjour sur le front.
« CE SOIR »
M. AGUIRRE président de la République basque est à Paris
Parti hier de Valence dans la matinée, le président Aguirre faisait escale à Toulouse à 14 heures et arrivait à la gare aérienne du Bourget à 20 h. 30.
Quelques amis l'attendaient parmi lesquels M. Vaillant-Couturier, vice-président de la Commission aéronautique de la Chambre et secrétaire du Comité de Bilbao.
Très fatigué par le voyage, le président s'est rendu immédiatement en auto à Paris, dans un grand hôtel de la rive droite. Ses premiers mots ont été pour témoigner à la France ses sentiments d'amitié et la fraternité du peuple basque.
Le président, interrogé par un de nos collaborateurs, est accompagné de M. Vaillant-Couturier (au centre), président du comité de Bilbao,
LA BATAILLE FAIT RAGE
entre Brunete et Villanueva de la Cañada
Madrid, 27 juillet. — L'offensive menée par les forces rebelles au nord de Brunete s'est poursuivie hier avec intensité. Les attaques fascistes, précédées de longs bombardements aériens et appuyées par l'artillerie, ont obligé les troupes républicaines à se repliér légèrement sur la zone boisée qui se trouve au nord de Brunete. Les nouvelles positions qui défendent Villanueva de la Cañada ont été fortement organisées, et les unités qui opèrent dans ce secteur renforcées.
L'Infanterie de Franco, soutenue par de nombreux tanks, s'est également lancée à l'assaut de Villanueva del Pardillo, mais après deux heures de combat, les gouvernementaux l'ont contrainte à se retirer en lui infligeant de lourdes pertes.
Les troupes républicaines tiennent toujours Villafranca del Castillo, située au confluent du rio Aulencia et du rio Guadarrama. La jonction des forces insurgens dans ce secteur parait donc malaise et c'est pourquoi les gouvernementaux, bien qu'ils aient dû abandonner les ruines de Brunete, ne perdent pas l'espoir de conserver leurs positions actuelles et même de les améliorer.
La chaleur oblige les combattants à rester nus jusqu'à la ceinture. Les brasseries madrilènes travaillent sans arrêt pour ravitailler les troupes républicaines en bière fraîche. Des camions-citernes emplis d'eau partent continuellement pour le front.
L'état-major gouvernemental estime que les pertes subies par l'armée de Franco dans le secteur ouest de Madrid, depuis le 12 juillet, doivent s'élever à près de 25.000 hommes.
Les rebelles ont avancé en tout de 3 kilomètres et paraissent fixés là.
Deux ambulances détruites par l'artillerie rebelle
Deux ambulances qui portaient les couleurs de la Croix Rouge ont été détruites en un quart d'heure par l'artillerie rebelle, sur la route de Villanueva de la Cañada à Quijorna, alors qu'elles recueillaient des blessés.
Le docteur Randolph Sallenberger, membre de la mission médicale britannique, a été tué.
La mort près de Brunete de Mlle Gerda Taro
Il y a quelques jours, elle devait revenir à Paris, elle nous écrivit pour demander à prolonger son séjour en raison des événements militaires. Elle devait rentrer mercredi: lundi elle a rencontré la mort.
Le nom de Gerda Taro s'inscrit à la liste déjà longue du martyrologe des journalistes. Tombée dans l'exercice de sa profession, avec toute la générosité et l'élan de sa jeunesse. elle laissera derrière elle l'image rayonnante de cette enfant pleine de vie qw nous avons connue et qui demeurera le symbole et l'honneur du journalisme.
Dans le moment où la douleur pour nous l'emporte sur tout autre sentiment, pour nous ses camarades, nous pensons à son père et à sa mère, à ses frères, qui vont connaître la nouvelle affreuse dans leur résidence lointaine où elle n'est pas encore parvenue, et c'est devant eux, devant leur douleur à eux, que notre douceur s'incline. Qu'ils reçoivent ensemble ces fleurs funèbres, notre affliction profonde et notre triste et grande fierté d'avoir connu leur fille, leur sœur, et d'avoir été ses collaborateurs.
L'OEUVRE DE GERDA TARO
Quelque chose d'elle ne mourra pas: avec le souvenir de sa vaillance, il nous reste ses photographies, témoignage de cette vaillance et d'un talent qui était fort grand.
Les lecteurs de Ce soir se souviennent de cette page sur l'entraînement des recrues de la République espagnole, de document si saisissant de la première prise de Brunete par les républicains il y a quelques jours... (Elle y avait assisté avec nos collaborateurs Ribécourt et Léon Moussinac. Et c'est à quelques mètres de là...) Mais aussi vous n'avez pas oublié bien des images non signées qui ont fait la popularité de notre journal, comme cette tragique photographie, publiée le jour de l'enterrement des victimes de Clichy, où, embéguinées de crepe, les mères et les femmes des victimes ouvrières résumaient de façon poignante le grand deuil qui nous était à tous commun. Qui eût dit que ce deuil préfigurait celui d'aujourd'hui, celui de cette petite fille qui n'avait que-l'air de l'insouciance, et qui recélait un si grand, un si noble coeur ?
On croit, en général, trop aisément que le photographe n'est qu'un manœuvre qui se borne à pousser le déclic d'un appareil. Si Gerda Taro a su nous donner tant de témoignages hallucinants et terribles des heures sanglantes de l'Espagne, si elle a su, dans la France d'aujourd'hui, saisir ce qui en fait la grandeur, c'est qu'elle avait en elle ce cœur et cette intelligence qui éclatent dans toute l'œuvre qu'elle a laissée. Il faudra que cette œuvre soit réunie et qu'on la fasse connaître.
LES OBSEQUES,
Le corps de notre malheureuse amie arrivera sans doute demain à Toulouse, où l'un de nous ira l'accueillir. C'est à Paris, où Gerda Taro a vécu, qu'elle trouvera sa dernière demeure.
Et nous sommes sûrs que Paris, dont elle a partagé le destin et les angoisses, saura l'y accompagner avec nous et montrer ainsi à la famille, si cruellement frappee, que son enfant est devenue un peu l'enfant de Paris, parce qu'elle était le courage et la jeunesse, parce qu'elle était le dévouement et la pitié, parce qu'elle était celle qui donne sa vie sans y rien trouver d'étonnant,
CE SOIR.
HOMMAGE DE L'ALLIANCE DES INTELLECTUELS ANTIFASCISTES ESPAGNOLS
Gerda est tombée en combattant sur les premières lignes de feu, sur les fronts de la liberté. Nous ne pouvons rien écrire. Nous étions habitués à la voir revenir tous les soirs dans notre maison de l'Alliance, son trépied atteint- par la mitraille.
Nous croyions qu'elle ne tomberait jamais.
Maintenant, nous devons nous habituer à ne plus la voir revenir tous les soirs.
Au nom de tous les intellectuels de l'Espagne loyale, notre dernier salut.
L'Ordre, 28 de julio de 1937
Les nationalistes accentuent leur pression dans le secteur de Villanueva de la Cañada
Les nationalistes sont désireux d’exploiter à fond la prise de Brunete, et la victoire qui a suivi afin de reconquérir le terrain perdu dans le secteur de Ma drid, à la suite de l’offensive des gouvernementaux.
Après avoir brisé les diverses contreattaques des républicains, les armées du général Franco s’efforcent maintenant de s’emparer de Villanueva de la Cañada.
Leur offensive les a menés jusqu aux abords de cette localité, qu’elles n’ont pu encore enlever. Mais la bataille se poursuit avec acharnement.
De son côté, Madrid s’emploie à barrer la route à l’adversaire. Le général Miaja ne dissimule pas toutefois son inquiétude, car les nouvelles positions qu’occupent les républicains sont très dé favorables au point de vue stratégique.
Une journaliste est écrasée par un char d'assaut
On mande de Madrid, qu’un reporter-photographe de notre confrère Ce Soir, Mme Gerda Taro, d’origine polonaise, a été tuée hier sur le front de Brunete, écrasée par un char d’assaut. M. Ted Allan, envoyé spécial de la Federated Press, qui se trouvait avec elle, a eu un pied fracturé.
Tranportée à l’hôpital de L’Escurial, Mme Taro y est morte hier matin. Elle était âgée de 25 ans.
Le Petit Dauphinois, 28 de julio de 1937
La fin tragique de Mme Gerda-Taro
Madrid, 28 juillet, —. Hier soir, sur le front de Brunete, entre Vîllanueva de la Cañada, et Brunete, un reporter photographe, de Ce Soir, Mme Gerda Taro, a été mortellement blessé et M. Ted Allan, envoyé spécial de journaux canadiens, qui l'accompagnait, a eu un pied cassé.
Alors que les deux journalistes devisaient près de leur automobile, un tank gouvernemental, qui se dirigeait sur les lignes, à assez vive allure, a tamponne la voiture des journalistes.
Mme Taro, qui se trouvait sur le marchepied, a été projetée à terre et a été écrasée par le char d’assaut.
Transportée aussitôt à l’hôpital de l’Escurial, Mme Taro y est morte ce matin. M. Ted Allan souffre d’une fracture du pied et de diverses contusions.
Les deux journalistes revenaient des premières lignes où ils avaient essuyé, pendant plusieurs heures, un terrible bombardement.
Mme Taro, d’origine polonaise, était âgée de 25 ans et devait regagner la France aujourd'hui même.
Le corps de Mme Gerda Taro a été embaumé ce matin. Ha quitté Madrid à 16 heures pour Valence d’où nn avion le transportera â Paris.
Les autorités civiles et militaires et des délégations des organisations antifascistes ont assisté a la levée du corps.
Diario de Córdoba, 29 de julio de 1937
Muere la redactora gráfica de un periódico comunista y resulta herido el corresponsal de United Press
París 28. — El corresponsal de la Agencia Havas comunica que entre las posiciones rojas de Villanueva de la Cañada y Venta de Mosquito, donde estos días se han librado rudos combates, han resultado muertos Gerda Taro, redactor gráfico femenino del diario comunista «Ce Soir», y el miembro de la misión inglesa Randolph Sammenberg.
El enviado especial de la agencia «United Pres», resultó gravemente herido.
La Libertad, 30 de julio de 1937
El cadáver de la periodista Gerda Taro, a Francia
Anoche, a las once, salió para la frontera francesa el cadáver de Gerda Taro. Le acompañan el corresponsal de «L'Humanité», George Soria, y Federico Vidal.
Presente (Tánger). 30 de julio de 1937
El cadáver de una periodista francesa
PARIS — Según comunica un redactor de la Agencia Havas en Madrid, ha sido embalsamado el cadáver de la periodista Gerda Taro, enviada de «Ce Soir» que fue aplastada por un tanque rojo durante la batalla de Brunete.
El cadáver ha sido trasladado a Valencia desde donde se conducirá en avión hasta Paris,
L'Humanité, 31 de julio de 1937
Le corps de Gerda TARO est veillé par ses camarades de travail
Le corps de la vaillante journaliste Gerda Taro, collaboratrice de Ce Soir, morte sur le front de Madrid en accomplissant son devoir professionnel est maintenant veillé par ses camarades de travail.
Hier matin, une importante délégation du syndicat des photographes et ses camarades et amis du journal Ce soir et de l'hebdomadaire Regards attendaient l'arrivée du convoi funèbre.
Le père de Gerda Taro était présent et contenait difficilement son immense douleur. A ses côtés se tenaient J.R. Bloch et Aragon, directeurs de Ce Soir, Elie Richard, G.H. Rivière, L. Moussinac, R. Blech, P. Unitz et Maria Rabaté pour le Comité mondial des Femmes.
Des camarades, des cheminots s'étaient rangés sur le quai pour saluer la dépouille de l'héroïque photographe; la délégation recevait le corps tandis que s'amoncelaient sur le sol les couronnes offertes par le gouvernement espagnol.
Le cercueil fut transporté à la Maison de la culture. dans une chapelle ardente, où la veillée funèbre est assurée par les camarades de la section syndicale de la photographie de la presse. Ses obsèques auront lieu dimanche. Des indications précises sur l'ordre du cortège seront publiées demain matin.
Agence Espagne : informations télégraphiques et téléphoniques de dernière heure: Número 198 - 1937 agosto 1
1er AOUT 1937 (N° 198)
SERVICE DE 14 H 30
LES OBSEQUES DE LA JEUNE REPORTER-PHOTOGRAPHE GERDA TARO.
Paris, 1er Août. - Une foule nombreuse et recueillie a accompagné ce matin jusqu'au cimetière du Père Lachaise le corps de là jeune reporter-photographe Gerda Taro, tuée accidentellement sur le front de Madrid.
L'Ambassadeur d'Espagne à Paris s'était fait représenter et parmi de nombreuses personnalités du monde littéraire et artistique on pouvait noter la présence de MM. Jose Bergamin, Max Aub, Pablo Neruda, Claude Aveline, Jean Rithard Bloch, Louis Aragon, Paul Nizan, Leon Moussinac.
Dès dix houres, la Maison de la Culture était pleine d'artistes, d'écrivains, de journalistes français et étrangers qui étaient venu se réunir autour du cercueil.
Aux accents d'une marche funèbre, et précédé de nombreuses délégations et d'un char couvert de fleurs, le cortège quitta le rue d'Anjoi vers onze heures, et par le boulevard des Capucines, la Place de 1Opéra, la rue du Quatre Septembre, il s'achemina vers la Place de la République et le Père Lachaise.
Là, tout à tour, le Chef du Service photographique du journal "Ce Soir" un reprósentant du Syndicat National des photographes, M. Jose Bergamin et M. Louis tragon co-directour de "Ce Boir", proncmèrent 1'éloge de Gerda Taro dont ils évoquèrent 1'ardeur au travail, le dévouement, le courage et la foi dans la victoire des Républicains espagnols. (Agence Espagne)
Imperio, 1 de agosto de 1937
LOS PERIODISTAS MUERTOS EN EL FRENTE
Madrid. — Entre las posiciones rojas de Villanueva de la Cañada y Venta del Mosquito, se confirma que han resultado muertos y heridos algunos periodistas extranjeros.
Se trata de Gerda Taro, redactor-gráfico del diario comunista parisino “Ce Soir”, y del miembro de la misión médica inglesa Radolph Samenberg. También resultó herido el enviado especial de la agencia United Press.
El Sol, 3 de agosto de 1937
El entierro de la malograda periodista Gerda Taro constituye una gran manifestación de duelo
PARIS 2 (1 t,). — En el cementerio del Père Lachaise se ha efectuado la inhumación de los restos de la malograda periodista Gerda Taro, muerta en el frente de Madrid.
Acompañaron al cadáver varios miles de personas. El padre de Gerda, la Dirección de "Ce soir", el Sr. Xammar, en representación de la Embajada de España, y otras personalidades y amigos de la difunta presidían el fúnebre cortejo.
El coche mortuorio estaba materialmente cubierto de flores y coronas. En el séquito figuraban representaciones de toda la Prensa de izquierda, de Paris y de varios partidos y organizaciones.
La Rioja, 14 de agosto de 1937
DESDE FUERA
Del enemigo, el consejo
Como los agentes de Fouché, pecan por exceso de celo, los órganos periodísticos de la anti-España, velan la luz a ese lado de los Pirineos o a este otro. Importa y conviene, por lo tanto, leerlos con atención y esmero. Mueren por la boca, como el pez del adagio.
Ellos mismos confiesan, inadvertidamente, su desmoralización, su hipocresía y, ni que añadir tiene los estragos que infieren a sus tropas los hombres de Franco. Es un tónico la lectura de la prensa roja.
Pocas veces la indiscreción de un combatiente sirvió con tanta eficacia la moral de su adversario.
En el panegírico que "Le Soir" dedica, por ejemplo a su colaboradora Gerda Taro, aplastada el día 26 en el Frente de Brunete por un tanque ruso dice: “Un centenar de soldados republicanos se batían en retirada. Ella les reunió, les habló, y con Gerda Taro volvieron todos a ocupar una trinchera en donde resistieron durante una hora, un intenso bombardeo.”
¿No es cierto que la lectura de esta hazaña confunde el ánimo? ¿Qué es lo que trata de demostrar? Acaso que la capitana en cuestión no estaba en el frente a título de periodista, a título de corresponsal gráfico.
Acaso que el pánico de los soldados republicanos era tan injustificado, tan vergonzoso, que un solo gesto de mujer bastó para contenerlos en el camino de la huida. En todo caso, queda autorizada la sospecha de que los supuestos corresponsales de la prensa europea en la zona roja no son tales informadores, sino milicianos o traficantes, o entrambas cosas a la vez, provistos del salvoconducto de periodista. No menos imprudente ha sido la confesión de la muerte de Nino Naveti, general comandante de una división, publicada por “L’Humanité”.
Este emigrado italiano pereció también en el frente de Brunete en el curso de la primera ofensiva roja.
Pero si el general murió ¿Qué suerte corrió la División? Sumada esta necrología a otras, sumadas todas a la Asociación de los heridos y mutilados antifascistas en la guerra civil de España que acaba de ver la luz en la capital de Francia, se advierte el cinismo con que mienten los órganos rojos y aún otros de inspiración gubernamental. Si no pasan de diez mil los voluntarios internacionales —calculo que el mismo “Pertinax” apadrina— ¿Cómo en el curso del año ha mencionado "L’ Humanité” más de quince brigadas distintas, con la especificación de que todas están nutridas por extranjeros?
Diario de la Marina, 9 de octubre de 1937SEBASTIAN ROMERO (Exclusiva para esta región).
Esta serie de tres fotografías muestra los varios aspectos del lanzamiento de bombas por los honderos asturianos. Fueron hechas estas fotos por la corresponsal periodística polaca Gerda Taro y su marido Roberto Capa, días antes de que Gerda, que sólo tenía 25 años, hallase trágica muerte en el frente de Madrid en un vulgar accidente de tránsito.
Regards (Paris. 1933). 21 de julio de 1938, n.º 23
Il y a un an Gerda TARO était tuée à Brunète
Il y a un an — déjà ! — une terrible nouvelle nous parvenait: Gerda Taro avait été tuée sur le front, à Brunete, près de Madrid. Blessée le 25 juillet alors que, n’écoutant que son immense courage, elle était restée sur une position particulièrement dangereuse, elle devait mourir le lendemain, à l’aube...
Gerda. Elle nous avait quittés, quelques mois avant, si heureuse et si fière d’aller là-bas, pour rapporter une image fidèle de l’héroïque réalité de l’Espagne. Nous savions assez quel témoin intelligent, sensible et profondément humain elle pouvait être, Gerda Taro, que les soldats appelaient affectueusement « la petite blonde », elle qui partageait leurs dangers, leurs souffrances et leurs espoirs.
Infatigable, ardente comme le feu, elle faisait avec joie ce métier de photographe qu’elle aimait tant. Elle aimait son travail. Elle aimait l’Espagne pour laquelle elle est morte. Elle savait que la meilleure façon de la servir était, pour elle, de nous transmettre les visions de la lutte que l’Espagne soutient contre la barbarie. Nos lecteurs se souviennent des admirables photos que Gerda Taro nous envoya «d’Espagne et que « Regards » a publiées, notamment celles de la bataille dc Brunete où elle trouva la mort.
Une des dernières photos prises por la vaillante Gerda Taro, et sur laquelle on peut lire le mot « Brunete », le village où elle devait trouver la mort.
Cette jeune femme si menue, si fine, au beau visage d’enfant, elle est tombée sur la terre bouleversée et meurtrie de l’Espagne en lutte pour la paix du monde. Mais sa jeunesse, mais sa gaieté et son courage demeurent en nous comme une flamme sacrée.
Chère petite Gerda, en ce jour annivem aire où nous allons fleurir ta tombe, près du Mur des Fédérés, nous revoyons ton sourire que nous n’oublierons pas et qui nous ordonne d’espérer.
Regards, 27 de julio de 1939
GERDA TARO
Voici deux ans déjà que Gerda Taro est morte, en Espagne. Elle mourut le 26 juillet, à Bru
nete, sur le front. Photographe intrépide, elle tomba parmi les soldats de l'Espagne républicaine dont elle partageait les fatigues et les risques et dont ses belles photos nous racontaient l'épopée. Frappée en pleine jeunesse, la vaillante petite Gerda Taro demeure vivante en nos cœurs.
Elle repose au Père-Lachaise, près du Mur des Fédérés.
Pueblo, 26 de abril de 1978
1936 - 1939 LOS AÑOS PROHIBIDOS
Muere la fotógrafo Gerda Taro en la batalla de Brunete
Y otra noticia, esta vez referente a una corresponsal de guerra. Habla de la muerte de una reportera. Está fechada en París. Y dice:
«En los medios periodísticos de izquierda ha causado gran impresión la muerte ocurrida en el frente de Madrid de Gerda Pehorville, reportera gráfica de «Ce Soir», conocida por el seudónimo de Taro. Contaba veintiséis años. Sus restos son esperados hoy en Toulouse. «Ce Soir» da cruenta de la muerte de su reportera en una amplia información y expresa la seguridad de que París acompañará al cadáver a su última morada.
Gerda Taro era alemana. Cuando Hitler subió al Poder, ella fue encarcelada. Consiguió escapar y, posteriormente, con su compañero el fotógrafo Capa vivió en el exilio. Su antifascismo militante la llevó a Madrid desde el comienzo de la guerra.
Llevaba la cámara al hombro como los soldados el fusil. Siempre en primera línea, murió durante la batalla de Bnmete.
Gerda Taro y los aviadores de la República
En julio de 2009, la entonces jefa de Cultura de la redacción de EL PAIS en Barcelona, Catalina Serra, le encargó a Jacinto Antón la investigación sobre la muerte en la Guerra Civil de la fotógrafa Gerda Taro, la compañera de Capa.
Para ello se tuvo que desplazar en tren hasta Albacete y desde allí en coche de alquiler hasta Cenizate, el pueblo en el que Fernando Cambronero le contó en la mesa del comedor de su casa, cubierta por un mantel de hule de cuadros verdes, que a Taro la atropelló el 25 de julio de 1937 en la retirada de Brunete el tanque que conducía un carrista republicano llamado Aníbal González. Se lo había contado todo a Cambronero su tío, Fernando Plaza, que iba en otro de los tanques T-26 aquel día y presenció la escena. Taro se cayó del estribo del automóvil en el que se había encaramado y el tanque de González, que circulaba marcha atrás, no la vio y le pasó por encima, destripándola con sus cadenas como zarpas de hierro.
"¡Te has cargado a la francesa!"
Fernando también le proporcionó fotos de Aníbal González en su blindado.
En mayo de 2026 sus amigos de la Asociación de Aviadores de la República (ADAR), sección catalano-balear, situada en la calle Guifré, en el Raval barcelonés, le comunicaron que disponían de unas fotos inéditas en las que aparecía Gerda Taro poco antes de morir. Estos documentos fueron descubiertos en un archivo ruso por los historiadores miembros de la asociación David Iñíguez y David Gesalí, expertos en la aviación militar de la Guerra Civil.
Se da la circunstancia de que el abuelo de Jacinto Antón, aviador de la Armada y monárquico, difícilmente hubiera volado en la aviación republicana durante la Guerra Civil, incluso aunque no hubiera muerto antes de un disparo. Su tío abuelo fue alférez en la División Azul y piloto personal de Muñoz Grandes en Rusia.
La abigarrada decoración de la sede de la ADAR no desentonaría en el barracón de los miembros de una escuadrilla de Katiuskas. Allí se puede admirar un maniquí vestido con un traje de aviador de gran altitud soviético VKK-6 con sistema anti-G, utilizado por pilotos de Mig-23 y Mig-25 y que parece haber pertenecido a Konstantin Mikhailovich Kabanov, que voló un IL-2 en la Segunda Guerra Mundial, destruyendo 11 tanques y un tren y luego fue piloto de pruebas en los años 50 hasta los 70.
Los retratos de la que fue la primera fotorreportera muerta en el frente las localizaron en un archivo en Moscú, el estatal militar de la federación rusa (RGVA).
La breve vida de Gerda Taro, la "chica de la Leica"
Entre los muchos personajes ilustres fallecidos, Gerda Taro está enterrada en el cementerio Père-Lachaise, el gran cementerio oriental situado en la colina que domina la orilla derecha del Sena y el Boulevard de Ménilmontant, en el distrito 20 de París. Su tumba se encuentra en la 97.ª División, no lejos de la de Edith Piaf y del « Muro de Federauds », un lugar simbólico donde, el 28 de mayo de 1871, las tropas de Thiers ejecutaron a los últimos 147 comuneros que sobrevivieron a la « Semana Sangrienta», la sangrienta semana que puso fin al sueño de la Comuna de París.
Gerda Taro, cuyo nombre real era Gerta Pohorylle, nació en 1910 en Stuttgart y, a pesar de sus orígenes burgueses, se unió a movimientos revolucionarios de izquierda a una edad temprana. Sus ideas políticas, su activismo y su herencia judía la obligaron a huir a París con el auge del nazismo en Alemania.
Fue en París donde Gerta Pohorylle conoció a André Friedmann, un fotógrafo judío húngaro y comunista, quien le enseñó las técnicas del oficio. Se convirtieron en pareja y comenzaron a trabajar juntos. La atmósfera mágica de la ciudad y la explosiva creatividad de la joven la llevaron a crear una figura completamente nueva para su compañero. Así nació Robert Capa, un enigmático fotoperiodista estadounidense que había llegado a París para trabajar en Europa. El mundo entero conocería a Friedmann bajo este seudónimo, y el fotógrafo acabaría adoptando su nombre real, conservándolo durante el resto de su vida. Ella misma cambió su nombre a Gerda Taro.
En 1936, ambos decidieron cubrir la Guerra Civil Española sobre el terreno. Fue una decisión trascendental que los marcó profundamente, convirtiéndolos en testigos clave del conflicto, al que siguieron y relataron al mundo a través de impactantes fotografías y numerosos reportajes publicados en revistas como " Regards " y " Vu ", la primera revista de fotoperiodismo propiamente dicha.
Con increíble valentía y desprecio por el peligro, Gerda arriesga repetidamente su vida para capturar, a través de imágenes, un momento de conflicto. Helena Janeczek, en « La chica de la Leica », nos ofrece un retrato incisivo y significativo de Taro, relatando que « arrastró su cámara, su cámara de cine, su trípode, durante kilómetros y kilómetros. Ted Allan contó que, con sus últimas palabras, preguntó si sus rollos de película estaban intactos. Disparaba en ráfagas en medio del delirio, con la pequeña Leica sobre su cabeza, como si la protegiera de los bombarderos ».
Portada de Ce Soir del 2 de agosto de 1937. Funeral de Gerda Taro en París
La última foto de Gerda Taro apareció por casualidad en 2017 en Reino Unido: estaba en el altillo de la casa de un médico que ayudó en la guerra civil.
John Kiszely, con el cadáver de Gerda Taro en 1937, cerca de Madrid.
John Kiszely hizo lo que habría hecho cualquiera. Encontró la instantánea de su padre dentro de una caja en un altillo de su casa y la publicó con orgullo en su cuenta de twitter. «Acabo de desenterrar esta foto de un joven doctor en las Brigadas Internacionales de la Guerra Civil española en 1937: mi padre».
El joven doctor en cuestión, llamado igual que su hijo John Kiszely, resultó ser un tipo realmente guapo, con cierto aire a Gary Cooper, de rasgos angulosos, brazos fuertes y unas manos de hombre increíblemente bonitas, de escultor o paleontólogo, como las del David de Miguel Ángel. Como las que una siempre querría tener cerca en los momentos decisivos. Cuando estalló la guerra civil, el joven médico decidió venirse a España desde Hungría con la Cruz Roja Internacional y sumarse a las Brigadas Internacionales. En la foto está atendiendo a una mujer que sangra por la nariz tendida en una camilla en el Hospital de El Escorial, convertido en hospital de sangre.
Cuando la imagen apareció en twitter, se desató la locura.
«Oye, ¿pero tú sabes quién es esa mujer?» Fue el primero de los miles de mensajes que en los días siguientes fueron llegando a su red social, sobre todo desde España.
-Ni idea.
La foto pasó a las páginas de The Guardian y de ahí a los periódicos de medio mundo.
Cuando yo vi reproducida la imagen en la prensa una mañana de 2017, casi se me cae al suelo la taza del desayuno. Era ella. No me cabía la menor duda. Reconocería su mandíbula entre un millón, con una pequeña cicatriz en la barbilla. Hacía no demasiado tiempo, me había pasado muchos meses siguiéndole los pasos a esa mujer, metida hasta el tuétano en su vida para escribir una novela. Tenía el pelo corto, los ojos grandes, los huesos gráciles. Había algo en ella que lo explicaba todo. Daba esperanza. Daba miedo. Necesitaba saberlo todo de ella: la talla de sus zapatos, su manera de depilarse las cejas, de leer los periódicos, de ponerse el abrigo antes de salir de casa… Logré entrar en el núcleo original de sus recuerdos infantiles, aprendí a oír el rumor de sus pensamientos, entré a saco en sus emociones más íntimas sin el menor miramiento. Sé a quién odió. Sé a quién amó. Sé qué pensaba del mundo, de los hombres, de la vida. La perseguí, la psicoanalicé, la interrogué, la acosé a preguntas acerca de cuándo, de cómo, de por qué, cómo hacemos los novelistas cuando trabajamos con personas reales. Pasé con ella horas, meses, intentando comprender. Y comprendí. Llegué a conocerla mejor que a ninguna otra mujer en el mundo, mejor que a mí misma. Al fin y al cabo, ella tenía una identidad propia, una historia, mientras yo seguía -todavía sigo- buscando la mía. Pasó el tiempo. Y, en algún momento, supongo que sencillamente di la historia por zanjada.
Por eso cuando aquel día sonó el teléfono y un periodista me preguntó con qué probabilidad consideraba que podía tratarse de Gerda Taro, la primera reportera en cubrir un frente de guerra, dije al 99’9 %. Me equivoqué por una décima. Los investigadores no lo tenían claro porque había una anotación que no encajaba con la fecha exacta de su muerte y la localización en Torrelodones se alejaba unos 30 kilómetros del hospital de El Escorial, donde murió. Pero daba igual: una rosa, es una rosa, es una rosa… Cuando los datos cuestionan una certeza íntima. Hay que indagar en los datos.
Detrás de la foto pone ‘Mrs. Frank Capa, Brunete’. Aunque el nombre debería ser ‘Robert Capa’, el gran amor de su vida, la enmarañada caligrafía podría esconder ‘Frau’ (señora) en lugar de ‘Frank’.
El debate concluyó con la exhaustiva investigación realizada por el periodista de Televisión Española, Carlos del Amor, que habló con biógrafos y removió archivos hasta dar con una grabación de 1992 conservada en el Imperial War Museum de Londres. En ella, el propio doctor Kiszely que aparece en la foto confirmaba décadas después que estaba atendiendo a Gerda Taro.
«Llegó a mis manos una mujer muy mal herida, casi muerta, aunque no tenía ni idea de quién era, descubrí más tarde que era la esposa del fotógrafo Robert Capa. Ella era periodista, reportera», cuenta en la grabación.
Gerda Taro murió cuando el coche del general Walter en el que volvía de la Batalla de Brunete, el 26 de julio de 1937, subida al estribo lateral, porque dentro iba lleno de heridos, realizó una maniobra brusca que la hizo tambalearse y caer. Un tanque ruso, que no la vio, le pasó por encima. Era un T-26B. El blindado más potente del mundo. Diez toneladas de metal.
Si se fijan el delantal del doctor Kiszely no es propio de un quirófano sino más bien de una morgue. Gerda Taro ya estaba muerta en la foto. La localización más exacta es el depósito de la finca del Tomillar a donde probablemente llevaron el cadáver para prepararlo para el velatorio en la Alianza de Escritores Antifascistas.
Recordé la dedicatoria de Robert Capa en su libro sobre la guerra civil Dead in the making: «A Gerda Taro que pasó un año en el frente de España, y se quedó».
Actualmente se puede ver en el Círculo de Bellas Artes de Madrid hasta el 25 de enero, la mayor retrospectiva en España dedicada a Robert Capa, uno de los grandes fotógrafos del siglo XX. La exposición reúne alrededor de 250 piezas, entre fotografías, algunas de ellas originales, reveladas por él mismo; también periódicos y revistas que difundieron su trabajo y objetos, como su máquina de escribir o una de sus cámaras, la Leica de 1930 que tantas veces compartió con Gerda Taro en París cuando ambos eran unos refugiados veinteañeros, enamorados como dos caballitos de mar. Se levantaban temprano para hacer fotos por el barrio latino con la luz tamizada de primera hora. Formaban una pareja curiosa, un joven moreno con jersey y americana y una muchacha de pelo rojo, con zapatillas de tenis y la cámara al hombro.
Todo procede de la agencia Magnum Photos y del fondo Golda Darty, una de las colecciones privadas más importantes del mundo sobre el mítico fotógrafo.
El comisario de la exposición, Michel Lefebvre, anunció que se acaban de descubrir nuevas hojas de contactos de Capa y de Taro, que serán objeto de una próxima exposición en París en 2026. Lo que demuestra que con ellos dos la historia nunca está zanjada.
Gerda Taro con un miliciano en Córdoba.
Llevamos casi veinte días luchando por mantener el control de Brunete.
Nuestros oficiales nos explicaron que mantener el control de la ciudad significaba impedir que los nacionalistas de Franco hicieran llegar suministros a sus tropas que estaban sitiando Madrid.
A principios de julio, tomamos al enemigo por sorpresa con fuego de artillería y bombardeos aéreos, pero en los días siguientes los falangistas reaccionaron porque llegaron refuerzos de otras partes.
Entonces intervino la fuerza aérea alemana Legión Cóndor y nuestros aviones son demasiado viejos comparados con sus Heinkel He 51 y Messerschmitt Bf 109 , solo miren lo que le hicieron a Guernica en abril, más de la mitad de la ciudad quedó destruida.
Resistimos, con altibajos, pero sobre todo hubo muchas bajas, numerosas bajas entre heridos y caídos, incluso en las brigadas de voluntarios que luchaban con nosotros.
Lo único que ayuda a aliviar la fealdad de estos días es ver a Gerda Taro, la pequeña pelirroja, la pequeña fotógrafa rubia que salta de aquí para allá, tanto en la línea de fuego como en la retaguardia.
El año pasado la vi en Córdoba siguiendo a uno de nuestros soldados mientras estaba en combate.
No le tiene miedo a nada, dice que sería capaz de ir al infierno si le sacaran una foto, y de hecho está aquí en Brunete, que en medio del fuego y las llamas de estos últimos días se parece mucho a nosotros.
No es como otros periodistas que vienen aquí, que toman algunas notas, hacen algunas fotos, pero sin acercarse demasiado al peligro —Dios no lo quiera— y luego regresan a la tranquilidad de las redacciones de sus periódicos.
No, ella nos fotografió a todos, cuando peleamos, cuando comemos, cuando dormimos e incluso cuando morimos.
Quiere que todo el mundo sepa qué es esta guerra, una guerra que estamos luchando y tratando de ganar.
Esta mañana llegó la orden de evacuar nuestras posiciones y retirarnos hacia Madrid , sin otras instrucciones que las de valernos por nosotros mismos, cada uno por sí mismo y Dios para todos.
Las unidades son prácticamente inexistentes, diezmadas tras un mes de combates. Hay una enorme confusión de vehículos, y la gente se sube a cualquier coche con tal de escapar de aquí.
Encontré un hueco en la cabina del conductor de un camión; en ese espacio tan estrecho cabemos tres personas.
Frente a nosotros veo a Gerda Taro, junto con su colega canadiense, que detiene el coche negro que tenemos delante, le pasa las cámaras al pasajero y luego se sube al estribo, agarrándose al pilar de la ventanilla con la mano.
La marcha de la columna avanza lentamente, a pesar de los rápidos ataques aéreos de la Legión Cóndor.
De repente, uno de nuestros tanques aparece de lado, cerrándole el paso al coche negro, que da un volantazo para evitar chocar con él. El tanque impacta de frente, el coche se desvía, Gerda pierde el equilibrio , cae al suelo, el tanque la atropella con sus diez toneladas y continúa su camino sin siquiera darse cuenta de lo sucedido.
Solté un grito, todos gritamos, bajamos a buscar ayuda, hay poco que hacer, el cuerpo de Gerda está destrozado por las orugas del tanque, pero aún está viva.
La llevamos a un lugar seguro, a una zanja, porque los aviones siguen ametrallando; harán una última pasada y luego se alejarán.
Llega la ambulancia, llamada quién sabe quién, los paramédicos se llevan a Gerda junto con el otro reportero, que también está gravemente herido, y se dirigen hacia Madrid, hacia el hospital inglés de El Escorial.
Desafiaste a la muerte un millón de veces en primera fila, y en cambio, la muerte te satisfizo con un banal accidente automovilístico, si es que alguna vez existió una forma banal de morir.
La vimos marcharse, para no volver a verla jamás.
Adiós, pequeño ladrón, adiós.
El texto anterior está inspirado en el triste episodio de la muerte de Gerta Pohorylle, más conocida como Gerda Taro , la famosa fotoperiodista y compañera de Robert Capa, cuyo nombre de nacimiento era Endre Friedman.
Página de Regards del 22 de julio de 1937.
Fotógrafa sensible y apasionada por la causa republicana en la Guerra Civil Española, convivió durante mucho tiempo con los soldados, sobre todo para plasmar sus vidas a través de las fotografías tomadas con sus cámaras Leica.
Mientras que el periodista canadiense Ted Allen, también herido en el enfrentamiento, logró salvarse, Gerda murió en el hospital de Madrid, al amanecer del día siguiente a su ingreso: aún no había cumplido veintisiete años, que habría celebrado el 1 de agosto.
Una enfermera que la atendió en las últimas horas de su vida contó que, en los pocos momentos de lucidez, Gerda se preocupaba por sus cámaras y preguntaba si habían sobrevivido al accidente.
Su cuerpo fue trasladado primero a Toulouse y luego a París en un ataúd improvisado .
El funeral se celebró el día de su cumpleaños y la procesión fúnebre hizo una breve parada frente a la redacción de la revista Ce soir , para la que colaboraba, para que sus compañeros le dieran el pésame, y luego continuó hasta el cementerio laico de Père Lachaise .
El cuerpo, acompañado por los versos del poeta Pablo Neruda y conmemorado por Luis Aragón , fue enterrado en una tumba diseñada especialmente para ella por Alberto Giacometti , quien colocó sobre la lápida una estatua de una măiastra , el ave sagrada que en los cuentos populares rumanos está dotada de poderes mágicos, incluida la capacidad de transformar y proteger a los héroes.
Unos años más tarde, Luis Aragón recordaría este momento diciendo:
"Los parisinos le dieron al pequeño Taro un entierro memorable, donde se reunieron todas las flores del mundo.
Capa, a mi lado, lloró, y cuando la procesión fúnebre se detuvo, escondió los ojos en mi hombro . "
Pocos meses después de su muerte, su pareja, Robert Capa, publicó el libro titulado " Death in the Making" (La muerte en ciernes), que contiene una serie de imágenes tomadas juntos.
La dedicatoria decía: "A Gerda, que pasó un año en España. Y se quedó allí para siempre. "
Irónicamente, él también murió en el campo de batalla, durante la guerra de Indochina, al pisar una mina antipersonal.
La revista estadounidense Life del 16 de agosto de 1937 escribió: «Probablemente sea la primera fotógrafa que muere en combate», y añadió: «Su muerte se produjo de una de esas maneras poco heroicas que también ofrece la guerra» .













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